Le couperet vient de tomber : la Direction Générale de l'Enseignement Supérieur (DGES) vient d'annoncer aux présidents d'université que les budgets vont augmenter en moyenne de 15%… et que, dès 2009, 200 emplois seront supprimés dans 55 établissements. A cela s’ajoutent 150 emplois repris à certaines universités pour en doter d’autres. Les mêmes suppressions de postes sont déjà planifiées pour 2010 et 2011. Sur 3 ans, ce sont ainsi des centaines d’emplois statutaires qui seront supprimés.
La réduction drastique des emplois statutaires est incompatible avec la qualité de l'enseignement et « la réussite en licence » dont on nous rebat les oreilles. En remplaçant le système de répartition des moyens « SANREMO », basé sur les besoins des établissements, par un nouveau mode de calcul, basé sur « l'activité et la performance », le ministère renonce ouvertement à rattraper les sous dotations en emplois dont souffrent de nombreux établissements depuis des années. Résultat, les crédits de fonctionnement stagnent ou régressent tandis que des emplois sont supprimés en toute opacité !
La DGES affirme que les emplois supprimés seront partiellement compensés par des crédits de fonctionnement. De cette manière, le ministère encourage les établissements à faire appel à du personnel précaire ou à externaliser certaines missions de service public pour faire face à leurs besoins !
Cette logique est celle des contre-réformes à l’oeuvre, loi LRU, LO LF, RGPP… dont le moteur est la mise en concurrence généralisée entre établissements, entre personnels, entre étudiants et même entre personnels et étudiants. Le fonctionnement des établissements est de plus en plus caporaliste, avec un système instaurant l'autocratie des présidents d'université. C'est tout l'opposé d’une autonomie de pensée et d’action pour améliorer le service rendu aux usagers et d'une volonté de véritable démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur.
Le dialogue social mis en avant par le ministère n'est rien d'autre que de la communication sans réalité. Les arbitrages concernant les moyens budgétaires ont été pris sans même attendre les réunions des instances consultatives (CTPMESR ou CNESER).
La colère s’amplifie dans les établissements. La riposte s’organise à travers des Assemblées Générales d’information et des motions votées par les conseils réunis en Congrès pour s’opposer aux suppressions d’emplois et à la baisse des moyens de fonctionnement.
Pour gagner, il est impératif de faire converger les luttes non seulement au sein du système éducatif de la maternelle à l’université mais également avec toutes celles et ceux qui luttent pour défendre leurs droits. Ensemble, public, privé, défendons l’emploi et les salaires ! Défendons la qualité du service public !
Marie Ganozzi, Secrétaire générale adjointe
Bernard Teissier 2008/12/23 01:45